Électrique
Electrique  

... de cette période en fusion en s’intéressant cette fois aux œuvres relevant plus particulièrement du domaine du jazz (de Miles Davis à Weather Report en passant par les Headhunters de Herbie Hancock ou les premiers disques du Mahavishnu Orchestra). Embarquant son mini big band, toujours aussi fluide et précis, dans une odyssée rythmique au long cours, Tortiller propose, en une sorte de maelström pulsatif, non pas un regard extérieur cherchant à synthétiser et « mettre au propre » l’impureté essentielle de ces musiques métisses et sensuelles, encore moins une reconstitution minutieuse et maniériste ne s’intéressant qu’à la forme de peur d’y mettre le corps, mais au contraire une plongée joyeuse et résolue au cœur éruptif du volcan. Car Franck Tortiller n’est pas un théoricien. Son savoir passe par le plaisir — son savoir-faire par le plaisir de faire. Et ce qu’il nous donne à entendre de précieux dans ce disque frémissant de vie, c’est la jubilation et la candeur de musiciens se coltinant collectivement aux mystères de la création en mettant humblement leurs pas dans ceux de leurs illustres prédécesseurs et en s’engageant à leur tour dans les mêmes chemins.

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