Reprise de création 2021 Anna Livia Plurabelle


L’ONJ joue André Hodeir

2021 célèbre le centenaire de la naissance du violoniste, compositeur, critique et écrivain André Hodeir. À l’occasion de cet anniversaire, l’ONJ s’associe au contrebassiste et chef d’orchestre Patrice Caratini, qui fut un proche du compositeur, pour lui rendre hommage en reprenant son chef-d’œuvre de 1966 Anna Livia Plurabelle, écrit sur le texte éponyme de James Joyce, pour la première fois dans sa version originale franco-anglaise. Cette recréation inédite, présentée le 6 mars à la Maison de la radio et de la musique, s’inscrit pour Frédéric Maurin et Patrice Caratini dans une démarche constante de faire connaître ou redécouvrir, au travers de leurs orchestres respectifs, les œuvres du répertoire et leurs compositeurs.

André Hodeir apparaît comme une figure multiple et paradoxale : titulaire des prix d’écriture du Conservatoire de Paris et violoniste au Hot Club de France, compositeur pour le cinéma et chercheur à l’Ircam de Pierre Boulez, homme de radio à France Culture et rédacteur en chef de la revue Jazz Hot, enseignant à Harvard University, il fut aussi le musicologue d’ouvrages de référence et un interlocuteur privilégié des institutions culturelles au moment de la création de l’Orchestre National de Jazz ou de la naissance du département Jazz du Conservatoire de Paris. Mais l’auteur de la « cantate » Anna Livia Plurabelle est avant tout un compositeur à l’origine de partitions essentielles du jazz à la française. Fondateur en 1954 du Jazz Groupe de Paris, compagnon de route de Martial Solal, créateur de musiques de film pour Georges Franju, Pierre Prévert, Agnès Varda, Michel Boisrond, Yves Ciampi, Maurice Delbez ou Charles Belmont, Hodeir lègue une œuvre foisonnante et singulière. Souvent cité comme « passeur » entre deux cultures musicales qui coexistaient dans la France de l’après-guerre (le jazz et la musique contemporaine), la diversité de sa production éclaire un parcours qui s’étend du sérialisme à l’appropriation du jazz américain et dessine la figure du compositeur-écrivain du XXe siècle.

Anna Livia Plurabelle est composée en 1966 à l’occasion du Prix Italia pour vingt-trois instruments et deux voix de femmes, sur l’extrait éponyme le plus illustre du roman de James Joyce Finnegans Wake. Pour travailler sur le texte, Hodeir envisage « une forme libre conçue comme une grande improvisation ». La commande radiophonique s’avéra une opportunité pour sa recherche. Les moyens que lui offrait l’ORTF lui permirent toutes les combinaisons sonores, passant de la petite forme clarinette-flûte-violon au big band ellingtonien. Les chanteuses furent choisies de façon à distinguer les deux protagonistes du livret. Deux voix du jazz, mais une voix de soprano teintée d’accents lyriques associée à la voix de contralto toute de chaleur et d’intériorité.
Enregistrée à la Maison de la radio en juin 1966, Anna Livia Plurabelle fut diffusée le 25 février 1967. Dans une version entièrement anglophone, elle a par la suite fait l’objet d’une publication discographique aux Etats-Unis en 1971 et fut rééditée en France en 1981. Œuvre unique tant par sa durée (55 minutes) que par le soin apporté à sa forme, Anna Livia Plurabelle ne sera jouée en concert qu’en 1992 par l’ensemble Cassiopée du violoniste Philippe Arrii-Blachette, sous la direction de Patrice Caratini, et à cette occasion réenregistrée puis publiée en 1994 chez Label Bleu.

Près de 30 ans après, la recréation d’Anna Livia Plurabelle par l’ONJ, avec la complicité de Patrice Caratini, réunit vingt-deux instrumentistes et deux chanteuses, et reprend pour la première fois sur scène la version originale de l’enregistrement de 1966 qui faisait passer le texte du français à l’anglais suivant « l’esthétique du glissement » chère au compositeur. 

PREMIÈRE
CONCERT JAZZ SUR LE VIF
6 MARS 2021

STUDIO 104 DE LA MAISON DE LA RADIO ET DE LA MUSIQUE

À découvrir en vidéo

Disponible à l’écoute dans l’émission JAZZ CLUB d’Yvan Amar sur France Musique

Dossier Qui était André Hodeir ?

LES TRÉSORS DE FRANCE MUSIQUE de François Monteil
“Mémoire retrouvée”, André Hodeir : Une archive de 1998 (1ère partie)
“Mémoire retrouvée”, André Hodeir : Une archive de 1998 (2ème partie)

OPEN JAZZ d’Alex Dutilh
André Hodeir, essai transformé

JAZZ AU TRÉSOR
Le centenaire de André Hodeir
André Hodeir – Bitter Ending

JAZZ CULTURE
Réédition de “Hommes et problèmes du jazz” de André Hodeir

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Distribution

ELLINOA mezzo-soprano
CHLOÉ CAILLETON contralto
PATRICE CARATINI direction

CATHERINE DELAUNAY clarinette
JULIEN SORO saxophones alto et soprano
RÉMI SCIUTO saxophones alto et sopranino, clarinette, flûte
FABIEN DEBELLEFONTAINE saxophones ténor, alto et soprano, clarinette
MATTHIEU DONARIER saxophones ténor et soprano, clarinette
THOMAS SAVY saxophone baryton, clarinette
CLÉMENT CARATINI saxophones alto et soprano, clarinette
CHRISTINE ROCH saxophone ténor, clarinette
SOPHIE ALOUR saxophones ténor et soprano, clarinette
FRÉDÉRIC COUDERC saxophone basse, clarinette
CLAUDE EGEA trompette, bugle
FABIEN NORBERT trompette
SYLVAIN BARDIAU trompette
DENIS LELOUP trombone
BASTIEN BALLAZ trombone
DANIEL ZIMMERMANN trombone
ROBIN ANTUNES violon
STÉPHAN CARACCI vibraphone
AUBÉRIE DIMPRE vibraphone
BENJAMIN GARSON guitare électrique
RAPHAËL SCHWAB contrebasse
JULIE SAURY batterie